Du plaidoyer à la plaidoirie : L’aventure R.A.C.I.N.E.S en 7 lettres et 7 jours

Mehdi Azdem

Une succession de rencontres humaines d'échange d’idées et de challenges. 

Racines en 7 verbes qui ont agencé  jours après jour ma semaine  et  donné sens à cette aventure

Renaitre (lundi)

Tout a commencé avec un stage volontaire au sein de la Fabrique Culturelle des Anciens Abattoirs, effectué en parallèle d’un master d’ingénierie culturelle à Casablanca.

Un duo de militants complices (Dounia et Aadel) croise mon chemin.

Il m’a permis d’assimiler le passage de l’académique au professionnel "pianissimo”dans le milieu culturel.

Apprendre (mardi)

Stagiaire en coordination des événements culturels aux abattoirs,puis assistant de projet au sein de l’association Racines. 

Petit “mat3alam” (disciple) des métiers de la culture, j’explore progressivement les rouages de ce domaine, tant négligé dans nos établissements scolaires. 

La transmission et le partage de connaissances, de savoirs et de savoir-vivre définissent le travail d’équipe et sont au coeur de la démarche de Racines. 

Tout est partagé, et “surtout le bon sens” comme disait Descartes !

Comprendre (mercredi)  

Je suis né un mercredi à 7h du matin... 

Allez comprendre !

Le défi que nous cherchions à relever allait comporter de nombreuses inconnues, des moments d’interrogation, de doute et de réflexion. 

Première étape : Les rencontres « Mercredis de Racines ».

Une chose était claire : le projet ne pourrait être que le résultat d’un travail collectif et d’un effort concerté. 

La construction d’un “commun”.

On essayait de comprendre (la société entre autres) et surtout, de se faire comprendre.

Il émergera de ce travail une devise empreinte de justice : « Une critique, une proposition ».  

Imbriquer (jeudi)

Constat peu surprenant : la culture et les arts vont mal au Maroc ! 

Les « Etats Généraux de la Culture » était une opportunité d’insérer la culture dans les politiques publiques.

Dans sa transversalité avec la citoyenneté, la cohésion sociale, la liberté, la démocratie et la diversité culturelle pour faire société (encore !) et développer l’humain.

Un travail de terrain, de proximité...et de fourmis. 

Après avoir sillonné tout le pays, je (re) découvre le Maroc, ses femmes et ses hommes.

C’est à travers leurs regards que prend sens un leitmotiv qui m’anime encore à ce jour : « La culture est la solution ».

Nouer (vendredi)

Un réseau commence à s’articuler autour d’une mission commune. 

Une équipe soudée de jeunes gens habités par la cause militent jour et nuit pour défendre et incarner au quotidien cette idée : « La culture est la solution ». 

Cette unité a pensé, piloté et développé avec brio une multitude d’actions et de projets culturels au Maroc et ailleurs. 

La « meute » au service de la cause s’est élargie à travers un travail de plaidoyer à plusieurs échelles.

Un réseau national et international renforce l’action de Racines dans sa lutte pour mettre les citoyenset citoyennes au cœur du développement de leur pays.

Aujourd’hui, suite à l’affaire de la dissolution, ce réseau se redéploie dans un élan de soutien pour la survie de Racines. 

L’engagement persiste ! 

Engager (samedi) 

Des ami.e.s, sympathisant.e.s et proches de Racines s’indignent de cette dissolution injuste et précipitée par les autorités marocaines.

L’enjeu du développement de l'esprit critique semblerait ne pas plaire à ces dernières.

Y perçoivent-elles un danger ? 

Et pour qui ? 

Le plaidoyer s’est transformé en plaidoirie.

Surmonter (dimanche)

Racines est une idée.

Elle jaillit de l'ombre et ne s’éteint pas la nuit.


Mehdi Azdem : Directeur général de l'association Racines, Casablanca (Maroc)
 

Auteur: 
Mehdi Azdem