A quand une vraie démocratie participative et décisive des ONG au Maroc ?

Ahmed Madkouri

Mon histoire avec le monde culturel ne date pas d'hier. Enfant, j'ai eu la chance d'être bercé par les contes de ma grand-mère, qui des années après, m'ont permis de reconstruire ma carrière autour et au cœur de la culture. 
Après un séjour de 4 mois à l'université du Québec à Montréal, à l'école de design, je me suis rendu compte à quel point mon ignorance du monde culturel marocain était assez flagrante. Quoi que je n'étais pas parmi les moins lotis. Loin de là. 

En tant que jeune, je profitais  des offres culturelles abondantes à Rabat. Des pass de Jazz au Chellah, aux opéras à 15 dirhams l'entrée en passant par le  cinéma chaque dimanche, j'étais une personne active dans le milieu associatif rbati jusqu'à gérer une galerie d'art pendant quelques mois. Une vraie abeille qui butine. 

Une effervescence que j'ai continué à alimenter en intégrant l'association Racines à Casablanca en tant que stagiaire à la fin de ma licence professionnelle en médiation culturelle. La particularité de cette structure, c'est que vous n'êtes pas accueilli comme un observateur, mais comme un acteur devant mettre directement la main à la pâte. Un des meilleurs moyens pour apprendre en milieu professionnel. 

Et quand je parle de professionnel, c'est dans le vrai sens du terme. Après quelques mois de stage, et étant imprégné par la philosophie de Racines, j'ai décidé de continuer le combat de tous les jours en adhérant à l'association. Le combat au quotidien : atteindre le grand public, mais surtout  faire bouger les lignes des politiques culturelles. 

Je voudrais rappeler aussi que ce que Racines a réalisé l’a été grâce au grain de sel apporté par chaque personne, bénévole ou salarié, autant d’acteurs d’une fourmilière qui agit avec les moyens de bord pour que la culture rayonne au delà des cercles feutrés rbatis et casablancais. Et puisse arriver aux fins fonds du Maroc. 

Je ne vais pas énumérer  tout ce qui a été réalisé et ce travail  de longue date puisque le bilan d'activité est publié chaque année, diffusé et accessible en ligne à tous. 
Je regrette donc que les pouvoirs publics agissent à l'encontre du développement de structures aussi indépendantes et intègres que Racines, et compromettent ainsi tout un travail. Cela noircit le bilan positif de toute une génération. 
L'avenir appartient à ceux et celles qui ne baissent jamais les bras.  Et tant que nous existerons, le travail continuera. 


Ahmed Madkouri : Secrétaire général de l'association Racines, Paris, France 

Auteur: 
Ahmed Madkouri